Archive | janvier 2014

« Brève » présentation de l’école Teofile Acebo

 

              Au Mexique l’école primaire dure 6 ans, les enfants y entrent à l’age de 6 ans et sortent donc vers l’age de 12 ans, puis le collège (appelé ici secondaire) dure 3 ans, vient ensuite le lycée (appelé préparatoire) qui dure 3 ans.

Cette école primaire compte presque 400 élèves (372), il y a 2 groupes par niveau d’en moyenne 30 élèves pour chaque groupe! Et seulement 1 enseignant par groupe…  Ils commencent l’école à 8 h et finissent normalement à 13 h. (exceptionnellement jusqu’à la fin de cette année scolaire ils sortent à 14 h. car ils rattrapent le retard pris lorsque les enseignants ont fait grève pendant presque 3 mois).  Ils ont une pause de presque une heure à partir de 11 h.

Pendant cette pause, beaucoup prennent leurs petits déjeuners, et oui ici, c’est fréquent quand début de matinée, avant 8 h. les gens mangent du pain type brioché avec un café ou boisson chaude à base de maïs (atole), sucre et cannelle ou une sorte de riz au lait liquide (arroz con leche). Puis vient le « petit déjeuner », qui est un vrai plat, quoique dans les écoles ils s’agit plus de tacosquesadilla (sorte de crêpes à la mexicaine). Certains font juste grignoter: des fruits frais (avec du piment et jus de citron!) ou malheureusement des sortes de chips (viennent en format mini,et donc semble coûter peu cher) ou aussi des glaces à l’eau ou au lait, conditionnées dans des petits sacs en plastique. Rare sont les parents qui préparent une collation pour leurs enfants: tellement plus facile de donner quelques pesos (monnaie utilisée au Mexique)…

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Espèces de chips (plus d’air qu’autre chose…), normalement c’est maintenant interdit de les vendre à l’intérieur de l’école, mais bon ici, y’a une boutique devant l’école qui vend des chips aux élèves qui lui demande à travers le grillage…

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Depuis l’année dernière le gouvernement finance une partie des « petits déjeuners scolaires », 2 options: soit l’école choisie de recevoir des produits « froids », comme une barre de céréales, un mélange de fruits secs, et une parquette de lait, donc bon si l’enfant à pas mangé chez lui avant, il risque d’avoir faim peu de temps après… l’autre option est le petit déjeuner « chaud », où cette fois ci, le gouvernement aide l’école pour employer des cuisinières afin de préparer un repas consistant. Le prix à la charge des parents est très modeste (4 pesos = 0,20 euros, pour comparaison ‘un mini paquet de chips coûte 3.50 pesos).  Dans cette école c’est cette dernière option qui a été choisie, malheureusement l’aide du gouvernement n’arrive pas en une seule fois, l’école attends depuis la rentrée de janvier l’aide… donc pour le moment ils se contentent de tacos et chips…

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le petit déjeuner « froid » financer par le gouvernement dans le cadre de son programme de lutte contre la faim (très critiquable…)
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le « beau »  et jeune gouverneur qui adore se faire prendre en photos lorsqu’il vient « aider » la population pour ensuite les afficher dans toute la ville

On espère qu’avec la production du jardin scolaire, les enfants réduisent leur consommation de produits industriels et prennent goût aux fruits et légumes de la région!!

1 ère étape: programmation et consultations avec les parents, enseignants, personnel technique et élèves

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Explication du projet lors d’une réunion avec les parents d’élèves

Le mois de décembre a été consacré à la présentation du projet, discussions avec les enseignants, parents, personnel technique, ainsi que la distribution de questionnaires aux parents et élèves afin de recueillir leurs avis, souhaits, etc. et savoir quelles plantes ils cultivent chez eux. La majorité des parents montrent une réelle motivation et compte bien profiter du projet pour apprendre également à cultiver leur jardin. Peu cultivent des fruits ou légumes car selon eux ils manquent de place.

J’ai demandé aux enfants de plusieurs groupes de dessiner le jardin de leurs rêves afin d’avoir une idée de leur représentation du jardin et de les échanger avec l’école française. Malheureusement j’aurais du préciser qu’ils fallait comme même que les plantes et arbres qu’ils dessinent puissent être cultiver ici, sous le climat tropical… en effet, la majorité a dessiné des pommiers, carottes, pommes de terre… et très peu ont représenté des bananiers, cacaoyers, maïs ou haricots…

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pommier, fraises et pommes de terre… (vous remarquerez l’écriture en lettres détachées, tous l’utilise)

La semaine dernière avec l’aide d’un des jardiniers-concierges (ils sont 2) nous avons délimité l’endroit où va se réaliser le compost. L’école a la chance d’avoir un grand nombre d’arbres, il y a donc beaucoup de feuilles au sol, et jusqu’à maintenant l’école n’avait pas réussi à en faire du compost (il ont fait une tentative avec un ingénieur de la municipalité qui était venu leur montrer comment faire, mais elle est pas revenue pour s’assurer qu’ils avaient compris…). Les jardiniers ramassent donc les feuilles mortes pour les mettre dans des grands sacs poubelles… oui c’est que certains parents pensent que les tas de feuilles mortes attirent les moustiques qui transmettent la dengue… or ces moustiques préfèrent les poubelles, cuvettes, etc.  qui contiennent de l’eau de pluie.

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2 élèves qui été « puni » ont été chargé de retirer tous les déchets non organiques (majorité de plastiques des glaces et sachets de chips…) qui se trouvaient parmi les feuilles mortes. Ils se sont bien amusés!
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Aire de compostage! les enfants vont dessiner des affiches pour expliquer ce qu’est le compostage

Colloque international sur les jardins scolaires

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Du 8 au 12 novembre 2013 a eu lieu à San Cristobal de las Casas (Chiapas,  5 heures de route de Tapachula) le 5ème colloque du réseau des jardins scolaires, réunissant différentes organisations (écoles, universités, associations, entreprises) qui travaillent avec les jardins scolaires.  Nous étions 90 personnes, la majorité venant du Mexique (mais de différents Etats, le pays est divisé en 32 états!), était également présent une association de Puerto Rico (http://comunidadesgaia.org), et nous avons pu échanger par vidéoconférence  avec une ingénieure agronome d’ Uruguay qui gère un grand programme de jardins scolaires dans la capitale: Montevideo.  D’autres pays auraient du être représentés (en particulier le Guatemala) mais passer les frontières en Amérique centrale (en particulier si c’est dans la direction Sud –> Nord) n’est pas aussi simple qu’en Europe!

Durant les 5 jours nous avons échangé sous forme de conférences, ateliers pratiques, tables rondes, sortie sur le terrain, et bien sur pendant les pauses cafés et déjeuners!

Voici les principaux thèmes que nous avons abordé:

l’éducation interculturelle: et oui le Mexique à la chance d’avoir encore une partie de sa population qui vie en accord avec la culture « indigène » (de fait, il existe plusieurs cultures, parmi elles: maya, aztèque, mam). Depuis la colonisation espagnol, ces cultures sont de plus en plus abandonnées, par exemple il est de plus en plus rare d’entendre les langues amérindiennes ou de voir les mexicains en habits traditionnelles. Dans de nombreux villages ruraux, les enseignants viennent de la ville, ne parlent qu’espagnol, et appliquent le programme de l’éducation nationale sans promouvoir les savoirs traditionnels. Certains programmes (souvent portés par des organisations étrangères) de jardins scolaires n’ont pas perduré dans le temps car ils ne considéraient pas la culture locale. Les élèves cultivaient des légumes qu’ils n’avaient pas l’habitude de consommer (ex: carottes, radis, laitues), délaissant les espèces de plantes natives de la région.

             -l’agroécologie: l’éducation à l’environnement étant l’un des objectifs du jardin scolaire, il est normal que sa réalisation suit les principes de l’agroécologie ainsi que les connaissances locales des pratiques agricoles « traditionnels ». Parmi les ateliers proposés, j’ai assisté à celui de prévention des maladies dans le jardin. L’atelier était animé par Helda Morales, une chercheuse entomologiste du centre de recherche ECOSUR, très impliquée dans les programmes de jardins scolaires au Chiapas. Elle a insisté sur l’importance en premier lieu de mieux connaitre les insectes (en particulier les bénéfiques) vivant dans le jardin.  Identifier correctement l’espèce, connaitre son cycle de vie, ses habitudes alimentaires, etc. nous permet de cibler au mieux la « lutte ».  De plus nous avons parler des certaines méthodes de protection comme le contrôle naturel (inviter les insectes bénéfiques, association de plantes).  Et elle nous a rappelé que nous caractérisons souvent trop vite comme ravageurs tous insectes, champignons, virus, etc affectant nos plantes:  jardinier doit également nous apprendre la tolérance, apprendre à vivre avec la nature… Le deuxième atelier auquel j’ai assisté fut celui de lombricompostage où nous avons appris les différentes étapes de cette méthode.

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En bas à gauche: liquide produit pendant le processus, très bon engrais foliaire.

– l’éducation « alternative »: plusieurs participants venaient d’écoles alternatives (comme Montessori, Waldorf) et tous partageaient la conviction qu’il est temps de changer notre manière d’enseigner. Une chercheuse de l’université de Veracruz, d’origine Brésilienne: Juliana Mercon a très bien présenté le concept d’éducation étique.  Elle a insisté sur le fait qu’enseigner l’étique ne veut pas dire enseigner ce qui est bon et ce qui est mal, mais d’offrir les conditions pour favoriser la réflexion sur les conventions de ce qui est bon et mauvais.

Nous avons également visité une école Waldorf, vous pouvez voir les photos ici:

https://plus.google.com/photos/104000525282119489546/albums/5947715633148738561

Ma page internet du réseau de jardins scolaires d’Amérique centrale et du sud: http://www.redhuertos.org/

Le projet « Du jardin à la cantine: ici et ailleurs »

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                    Le jardinage, un loisir pour certains, une nécessité pour d’autres, est pratiqué depuis des milliers d’années sur presque toute la planète. A l’échelle familiale, il permet de produire un pourcentage plus ou moins important de plantes (et d’animaux) utiles pour l’alimentation, la santé et le bien-être de la famille. Aujourd’hui, de plus en plus d’écoles créent un jardin scolaire, il faillit même être obligatoire en France comme le montre l’article 72 de l’arrêté du 17 juin 1880 : « Un jardin clos, d’une étendue minimum de 300 mètres, sera annexé à toutes les écoles rurales ».

Dans plusieurs pays où la faim existe encore, le jardin scolaire est un moyen de combattre l’insécurité alimentaire (souvent utilisé par la FAO) ; tandis que dans d’autres, où l’obésité est devenue un problème de santé publique, le jardin scolaire procure un outil efficace pour sensibiliser les enfants à une alimentation saine. Certains pays, comme le Mexique, réunissent les deux problématiques. Le jardin, en tant que milieu biologique est également un support très convaincant pour promouvoir la protection de la biodiversité sauvage et cultivée. De plus, il offre une source quasi inépuisable de supports pédagogiques (eg. Mathématiques, Arts Plastiques, Biologie, Ecologie, Géographie, Musique…).

             Les objectifs du projet « Du jardin à la cantine: ici et ailleurs » sont de :

       – réaliser un jardin scolaire dans une école primaire au Mexique et en France ;

 – créer des échanges interculturels entre les enfants français et mexicains.

                        A travers ce projet, l’association souhaite convaincre les enfants de l’importance et de l’efficacité du jardin et de l’agriculture biologique pour leur alimentation ainsi que pour le respect de l’environnement. De plus, de par son action internationale, elle espère permettre aux élèves la découverte d’une nouvelle culture, tout en permettant de valoriser et partager la leur.

En France

             L’école  se trouve à Saint Agnant, petite commune de 2500 habitants située à 20 min de Rochefort. Elle a été choisie pour le projet car la maîtresse de CM2 s’est montrée très motivée et de plus elle avait déjà pratiqué un peu de jardinage scolaire.

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Des pneus seront installés et utilisés comme jardinières pour cultiver des plantes à fleurs

Jardinière de l'année précédente

Jardinière de l’année précédente

                     Pendant l’année, les élèves français et mexicains échangeront des dessins (envoyés par courriers) et des reportages photographiques (par internet).  De plus,  lors de mon retour du Mexique (mi juin), j’organiserais un atelier de cuisine mexicaine avec les élèves de Saint Agnant. Une exposition photos sera également exhibée dans plusieurs lieux culturels de Rochefort (écoles, médiathèques, etc.)

Au Mexique

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L’école primaire mexicaine se trouve dans la ville de Tapachula (à 30 min. de la frontière avec le Guatemala, 150 000 habitants). Elle a était choisie du fait que s’est une école publique (un article sera prochainement consacré au système éducatif mexicain), de sa grande superficie et de la motivation de la direction de l’école.

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Vue aérienne de l’école primaire « Teofilo Acebo »

Chaque classe aura sa jardinière (1.50  m * 3 m)

Chaque classe aura sa jardinière (1.50 m * 3 m), terrain situé à l’entrée et devant la cantine

Financement du projet

                       Le projet se veut peu gourmand en argent (mais riche en fruits et légumes…), car l’idée est d’enseigner aux enfants comment utiliser les ressources que l’ont dispose déjà (par exemple par le recyclage) et l’importance des échanges (graines, savoirs, outils, etc.).  Billet d’avion France-Mexique, logement, nourriture, etc, sont pris à ma charge, je devais dans tous les cas me rendre au Mexique pour un stage professionnel financier par la région Poitou-Charente.  L’argent va donc être utilisé pour:

  •  acheter du matériel pédagogique
  • quelques outils de jardinage
  • le nécessaire pour organiser des ateliers de cuisine traditionnelle mexicaine avec les élèves mexicains (depuis plusieurs années, cette dernière est de plus en plus concurrencée par l’alimentation « occidentale moderne » (surtout Américaine))
  • financer une sortie scolaire (potager du Roy pour ceux de Saint Agnant, jardin botanique régional pour les mexicains)
  • imprimer le livret de recettes écrites par les élèves ainsi qu’une châtre du jardinage « écolo »
  • signalisation du jardin (affiches, étiquettes, etc…)
  • envoi du courrier

Les partenaires financiers sont dans l’ordre décroissant: Bourse Projets Jeunes de Charente Maritime, le groupe Léa Nature/Jardin Bio à travers le club 1% pour la planète, et le Fond Local d’Aides aux Initiatives des Jeunes. Ils permettent de financier presque 80 % du projet! Peut être que les jeunes souffrent plus du chômage que leurs parents, mais aujourd’hui il existe de plus en plus d’opportunités pour réaliser nos projets! (ce qui est loin d’être le cas au Mexique). Il reste donc 20 % à acquérir, ce qui va se faire à travers l’autofinancement (ventes de plants par exemple) et par l’incontournable Crowdfunding (financement participatif via internet).  Dans quelques semaines, le projet sera proposé sur le site kisskissbankbank, ne vous inquiétez pas, la somme totale n’excède pas 350 euros, ce qui est bien peu par rapport à d’autres projets proposer sur le site.

Ils parlent du projet

SOLIDAROCHELLE, le bulletin de liaison des Associations Rochelaises de Solidarité Internationale. La page de couverture est une photo du jardin au Mexique! et l’article est en page 6.

TOUTSURMONADO: un blog très intéressant pour les parents ou non parents d’ado!!

Pour ceux qui comprennent l’espagnol:

– un article dans un journal local: http://entiemporealmx.com/?p=182240

– une vidéo parue sur plusieurs chaînes de TV: http://www.youtube.com/watch?v=0N7Stqq5Km8